EPR

Pourquoi on en parle. La ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne, a déclaré mercredi dernier lors d’une audition devant deux commissions de l’Assemblée nationale que la décision de construire ou non de nouveaux réacteurs nucléaires EPR en France ne serait pas prise avant fin 2022, après la prochaine élection présidentielle. Elle a rappelé que l’objectif de l’État était de ramener la part du nucléaire dans la production d’électricité de 72 % aujourd’hui à 50 % en 2035.

En quoi ça consiste. Les réacteurs nucléaires sont classés en générations, en fonction des technologies utilisées et de leur date de mise en service. L’essentiel des réacteurs aujourd’hui en fonctionnement dans le monde appartiennent à la deuxième génération. La troisième est incarnée en France par le projet EPR (European Pressurized Reactor), un réacteur nucléaire à eau pressurisée. Initié à la fin des années 1980, il a été développé dans le cadre d’une coopération franco-allemande jusqu’en 1998, date à laquelle l’Allemagne a décidé d’abandonner le développement de l’énergie nucléaire. Si cette technologie ne présente pas de rupture majeure par rapport à la précédente, ses promoteurs assurent qu’elle permet de mieux protéger les travailleurs contre les rayonnements ionisants, de produire davantage d’électricité à partir de la même quantité de combustible et d’allonger la durée de vie des réacteurs. Deux EPR ont pour l’instant été mis en service en Chine en juin 2018 et en juin 2019. Les autres actuellement en construction, que ce soit en France, en Finlande et au Royaume-Uni, accumulent des retards et des dérapages budgétaires depuis plusieurs années.