Sur quel sujet se penche la théorie de la « tragédie des biens communs » ?

La tragédie des biens communs porte sur la surexploitation des ressources. Un bien commun est un bien non exclusif – personne ne peut être exclu de sa consommation – tout en étant rival – il existe en quantité limitée, si bien que son utilisation par un individu ou une entreprise réduit celle des autres. C’est par exemple le cas des poissons dans un océan : tout le monde peut les pêcher, mais un poisson pêché par un individu n’est plus disponible pour les autres. La tragédie des biens communs montre comment l’accès libre à une ressource mène à sa surexploitation et finalement à sa disparition. Cette expression a été employée pour la première fois par le biologiste américain Garrett Hardin. Dans un article publié en 1968, il montre comment des éleveurs utilisant un pré communal ont individuellement intérêt à faire paître toujours plus d’animaux, quitte à finir par le transformer en champ de boue. Ainsi, une action qui semble rationnelle pour un individu peut devenir irrationnelle à l’échelle d’un groupe. Parmi les solutions avancées par les économistes et les sociologues figurent la nationalisation et la privatisation. Avec la nationalisation, l’État intervient en réglementant l’accès à la ressource ou en l’exploitant directement. Certains économistes libéraux privilégient l’octroi de droits de propriété à des entreprises. L’économiste américaine Elinor Ostrom critique ces deux approches, privilégiant une gestion par des communautés locales. Elle a reçu en 2009 le prix Nobel d’économie pour avoir démontré comment les biens communs peuvent être gérés efficacement si ses utilisateurs cherchent à s’entendre sur des règles.

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