Soutien à Lufthansa. Le gouvernement allemand et la direction de la compagnie aérienne Lufthansa ont annoncé lundi un accord sur un plan de soutien, principalement sous forme de prêts, pour un montant de 9 milliards d’euros. Ce plan prévoit que l’État allemand, qui n’était plus actionnaire de Lufthansa depuis 1997, prenne une participation de 20 % dans son capital pour un montant d’environ 300 millions d’euros. Le gouvernement compte se dessaisir de cette participation en 2023.

Pourquoi ça compte. Le plan a fait l’objet d’une longue négociation, Lufthansa souhaitant limiter l’influence de l’État dans sa gestion. L’aide est assortie d’un encadrement des rémunérations des dirigeants et des versements de dividendes, ainsi que d’engagements de réduction des émissions de CO2. En France, la ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne, a déclaré dimanche qu’Air France s’est engagée à réduire le nombre de ses vols intérieurs, en contrepartie des prêts consentis à hauteur de 7 milliards d’euros pour l’aider à traverser la crise.

Plan pour l’automobile. Emmanuel Macron a présenté mardi un plan de soutien au secteur automobile. Il prévoit le versement de primes pour l’achat de véhicules neufs et d’occasion allant de 2 000 à 7 000 euros, les aides les plus fortes étant réservées à l’acquisition de voitures électriques. Le plan prévoit aussi la création d’un fonds d’investissement alimenté par l’État et les constructeurs PSA et Renault pour moderniser l’ensemble de la filière et lui permettre de produire en France davantage de véhicules électriques.

Pourquoi ça compte. Le plan vise à soutenir la demande alors que « 400 000 véhicules n’ont pas été vendus en France ces dernières semaines » en raison du confinement, selon le président. Il se concentre aussi sur l’offre : Emmanuel Macron souhaite « préserver le tissu industriel français » en faisant « de la France le numéro un européen du véhicule propre ». Alors que la France était jusqu’en 2011 le deuxième pays de production européen, elle se situe désormais à la cinquième place, selon l’institut national de statistiques Insee. Entre 2000 et 2016, la part de la production automobile en France dans l’UE a été divisée par deux.

Chute du PIB. Dans un point de conjoncture publié ce mercredi, l’institut de statistiques Insee prévoit une chute du PIB (la production totale de biens et services) « d’environ 20 % » au deuxième trimestre, après -5,8 % au premier. Le début du déconfinement, depuis le 11 mai, a cependant eu un effet favorable sur l’activité. Selon l’Insee, « l’économie française fonctionnerait à environ quatre cinquièmes de son niveau d’avant crise (contre seulement deux tiers pendant le confinement) ».

Pourquoi ça compte. L’Insee cite dans sa note un ensemble de facteurs qui vont peser sur l’activité dans les prochains mois, « malgré les soutiens monétaires et budgétaires massifs ». « Du côté de l’offre, certaines activités demeurent fermées à ce stade, les chaînes de valeur internationales sont profondément perturbées, les protocoles de sécurité sanitaire peuvent peser sur la productivité et les destructions d’emploi d’ores et déjà enregistrées dès le premier trimestre viendront diminuer l’activité potentielle. » Du côté de la demande, l’Insee note un risque d’attentisme, qu’il s’agisse de la consommation, de l’investissement ou du commerce extérieur.